rue_grignan

Cayolo me donne des idées:
je vais aller me promener rue Grignan avec son message
 pour redécouvrir cette rue  
à laquelle j'avoue n'avoir jamais accordé une grande attention.
Je vais bien sûr en profiter pour me livrer à mon activité favorite
me balader dans Marseille, APN en bandoulière.
A bientôt avec les photos.

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Rue Grignan

**Ah, la rue Grignan...Il y a 30 ans, je l'empruntais quasiment tous les jours pour rendre visite à mes informateurs (voyous ou avocats).

C'était quasiment un passage obligé pour le journaliste que je suis. Mais pour tout te dire, il y a au moins 15 ans que je n'y ai plus remis les pieds. Je me souviens que c'était une très jolie rue, et je tremble à l'idée de savoir ce qu'elle est devenue...

Connais-tu au moins son histoire ? Toi sans doute, puisque tu y es née, mais j'ai ici quelques précisions susceptibles d'intéresser les gens de passage.

Il faut savoir que la rue a été bâtie vers 1750 par Johaquim de Surian, à l'emplacement d'un champ de manoeuvres.
La rue a un passé très intéressant. Johaquim de Surian y avait acquis un vaste domaine, dénommé la Porte de Fer.

C'est notamment dans cette rue, qui était à l'époque baptisée rue du Champ-Major, qu'a vu le jour la première manufacture de transformation du corail. La rue a aussi été occupée par des marchands de vin, à l'initiative du Suisse Bergasse (j'ai oublié son prénom). Henri, je crois).

A la révolution, comme bien d'autres, la rue a changé de nom. Elle est devenue rue Helvétius, du nom d'un obscur philosophe matérialiste dont on ne retiendra pas grand chose, si ce n'est que, selon lui, la notion de l'infini est une simple négation. Quand t'as dit ça, t'as tout dit..
 

Le nom de François Alhémar de Monteil comte de Grignan n'apparaît que beaucoup plus tard (il ne faut pas se prendre la tête avec la chronologie des évènements, c'est très perturbant). Ce monsieur, outre le fait qu'il était le beau-fils de Mme de Sévigné, s'est illustré à la guerre.

Ainsi fut-il, entre autres, Lieutenant Général en Provence. Il fit une entrée très remarquée à Marseille le 10 juin 1670. Il est mort 40 ans plus tard à l'auberge de Saint-Pons, près d'Aix. On peut visiter sa tombe au cimetière de Mazargues, dans la chapelle Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

C'est donc grâce à ce gentil garçon que la rue peut s'honorer du nom de Grignan.

La rue Grignan a un passé qui mérite qu'on s'y attarde. Au N°10 avait été installée en 1796 la Maison Maire, spécialisée dans l'orfèvrerie et la porcelaine. La crise économique a fait que l'entreprise a dû fermer boutique en 1981.

La rue Grignan, du fait d'une histoire fournie, est sans doute l'une plus belles artères de la ville.

On y trouve notamment nombre d'hôtels particuliers datant généralement du XVIIIe siècle, comme par exemple de splendides bâtisses ayant abrité la famille de Grignan ou la famille de Montgrand.

C'est aussi rue Grignan que l'on peut visiter le musée de la faïence (au N° 19), créé en 1936 à l'initiative du sculpteur Jules Cantini.

Je pourrais aussi vous parler des temples protestants ou israélites, des églises (Saint-Charles en particulier). Mais il y a tant à dire sur cette rue Grignan que je vous invite tous à lire la suite dans un de mes prochains billets.
 

A noter toutefois une dernière chose: si vous passez devant le N°1 de la rue (à l'angle de la rue de Rome), regardez attentivement la devanture. C'est en effet ici qu'a été inaugurée en 1936 la première vitrine toute en glace. Amusant, non ?

Merci à tous d'avoir pris le temps de me lire. Merci aussi de ne pas hésiter à visiter mon blog:
 http://pourunevraiegauche.over-blog.com

Bonne journée (moi, je vais me coucher...)

Thierry

Posté par cayolo, jeudi 3 février 2011 à 10 :20**

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Voici les photos avec les indications de Cayolo + quelques petites recherches personnelles.
La rue Grignan prend sa source rue Estelle
et se jette place de la Corderie.

Pour voir les photos en plus grand, il suffit de cliquer dessus.